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Historique DAIMLER

 
SAGA DAIMLER
 
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 Gottlieb Daimler(1834-1900) - Frédéric Simms (1868-1949) - Lawson Henry John (1852-1925) - Frederick Lanchester (1868-1946) - Karl Benz(1844-1929) - William Heinrich Maybach (1834-1928)
        
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 Première automobile à moteur Daimler de 1886.                                Daimler Replica 1886                                     
 HISTORIQUE DAIMLER
 On peut dire à juste titre que c'est Daimler qui a posé les premiers jalons de l'industrie automobile britannique, mais c'est de l'Allemagne que ce nom désormais aussi typiquement anglais que la cérémonie du thé, tient ses origines. Gottlieb Daimler, le père de la voiture automobile fut pris d'amitié par un Anglais, Frederick Simms. Ils se rencontrèrent lors d'un salon de la mécanique allemande en 1890, où Simms fut extrêmement impressionné par le moteur quatre temps à cylindre unique de Daimler.
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Atelier de Gottlieb Daimler.
 
En 1893, Simms avait déjà établi le Daimler Motor Syndicate à Londres. La législation anglaise de l'époque imposant des restrictions sur l'usage des voitures à moteur, il était interdit d'utiliser moteur sauf dans des vedettes à moteur. Un petit groupe de fervents de l'automobile dont le nombre ne cessait d'augmenter parvint éventuellement à obtenir l'attention des personnalités au pouvoir et lorsque son Altesse le Prince de Galles, qui devait devenir le roi Edouard VII, apporta son soutien à leur cause, il devint évident que l'avenir de l'automobile était beaucoup plus prometteur. Harry Lawson, un financier, pressentit Simms pour le persuader de lui céder le nom de Daimler afin d'établir la Daimler Motor Company Limited en février 1896. Cette démarche audacieuse caractérisait bien les interventions de Lawson, mais ce fut certainement l'une des plus fructueuses.
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1893 Staff Daimler-motoren-gesellschaft.
 Des locaux furent achetés à Coventry qui se trouvait alors en plein coeur de l'industrie du cycle et de la mécanique, et le Motor Mills, comme on l'appela, devait devenir le centre de plusieurs des entreprises de Lawson dont les activités comprenaient Daimler, la Great Horseless Carriage Company, Pennington et, pendant un certain temps, tout au moins, Humber.
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The 'Motor Mills', home of the Daimler Co. and Great Horseless Carriage Co.
 Au début de 1897, quelques voitures commencèrent à sortir de l'usine de Motor Mills. Elles reposaient sur des châssis Panhard et Levassor, recouverts de carrosseries réalisées dans la région, et les moteurs étaient construits sous licence selon le même cahier des charges que celui suivi par Panhard.
La première voiture royale fut une Daimler achetée par le Prince de Galles, ce qui incontestablement forgea l'image de qualité qu'elle présente à ce jour.
Au début de ce siècle, Daimler qui avait acquis une réputation bien méritée en matière de haute qualité, réalisait des modèles d'une perfection exceptionnelle.
Comme pour confirmer sa place au premier rang de l'industrie britannique, il participait souvent à des concours de montées de côtes, et autres compétitions contre la montre. Ses victoires à Shelsley Walsh et à la première grande course qui se déroula à Brooklands, contribuèrent considérablement à renforcer sa réputation. Ses entrées dans le Kaiser Cup, le Trophée Herkomer et la légendaire Targa Florio, se soldèrent toutes par de bons résultats.
 
LA PERIODE EDOUARDIENNE 
Cette popularité attira l'attention des grandes sociétés mécaniques, et particulièrement de la Birmingham Small Arms Company, qui s'était attaquée à la construction des voitures, mais sans grand succès.
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 La BSA se concentra sur Daimler qui lui semblait être la cible idéale. Ces deux sociétés jouissaient d'une très bonne réputation dans le monde de l'ingénierie ne laissant planer que peu de doute quant à leur lignée. La récente acquisition des droits lui permettant de construire le moteur à chemises coulissantes Knight marqua un jalon important en terme de raffinement, et permit à Daimler de se propulser en tête de ses concurrents.
En 1910, Daimler faisait partie de la gigantesque BSA, tout en maintenant pourtant une grande part d'autonomie et de résolution personnelle.
A cette époque, la plupart des grands constructeurs automobiles commençaient à produire les voitures en grande série, mais Daimler se targuait encore de construire des coques individuelles, souvent façonnées par des spécialistes en sous-traitance, tels que Hooper et Barker. 
                   
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1952 Daimler DB18 (Barker & Co. Limited).                                        1951 Daimler DB18 Empress (Hooper & Co.)
  
LES ANNEES DE GUERRE
 Après la guerre, la production reprit avec les modèles commencés avant la guerre en attendant la conception de nouveaux modèles. La réputation de Daimler ne connaissait désormais plus de bornes, et rares étaient ceux en mesure de rivaliser avec lui. Rolls-Royce n'avait que la Silver Ghost sur le marché et Bentley venait à peine d'être établie.
Daimler bénéficiait toujours de l'auréole de bienveillance que lui avait value la voiture royale. En 1919, la famille royale prit livraison de 30 Daimler pour les occasions d'apparat du roi Edouard VII et du roi George V.
Du point de vue technique, les moteurs à chemises coulissantes à l'avant constituaient la norme. Ils se présentaient souvent en six cylindres en ligne. En 1926, Daimler avait introduit la légendaire Double Six. Dessinée par Laurence Pomeroy, elle comprenait deux moteurs six cylindres tournant sur un vilebrequin commun pour constituer un V12. C'était sans aucun doute l'un des moteurs les plus remarquables construits en Angleterre.
         
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                   1932 Daimler Double six V12 (Martin Sport Walter Saloon).               1931 Daimler Double-Six 50 Corsica Drophead Coupe.
 Ce genre de progrès techniques n'était pas suivi sur le plan commercial et le krach de Wall Street en 1930 nuisit évidemment aux ventes.
1930 vit le jour d'une autre innovation : une nouvelle forme de transmission, l'embrayage hydraulique. Cet accouplement hydraulique était associé à une boîte de vitesses à présélection afin de donner un moelleux hors pair, surtout à comparer à la transmission mécanique classique.
En 1931, un autre nom hautement respecté se distingua dans l'industrie. Lanchester construisait depuis plus de trois décennies des voitures de haute qualité à Birmingham. On lui attribue généralement la création de la première berline à moteur à essence sur quatre roues en Grande-Bretagne.
Au début, ce fut essentiellement les travaux du Dr F. W. Lanchester qui conférèrent aux Lanchester leur caractère unique et qui leur permirent d'anticiper sur la technique de ses concurrents. C'était un génie capable de concentrer ses compétences sur n'importe quel domaine mécanique, depuis les voitures automobiles jusqu'aux aéronefs, à une époque où l'aviation ne constituait encore qu'un rêve distant, même parmi les chercheurs sérieux.
 
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     1938-1939 Daimler Lancaster Road Rider.  1946-1951 Daimler Lanchester DL10.          1946-1950 Daimler  DB 18 Drophead Coupe.
 
Malgré les aspects intéressants de la voiture Lanchester, celle-ci ne fut jamais construite en nombre suffisant pour satisfaire aux besoins financiers de l'entreprise.
Pendant quelques temps tout au moins, la Lanchester Forty, avec ses huit cylindres en ligne, au raffinement et aux performances impressionnantes, continua sa production, mais les Lanchester devinrent bientôt de petites Daimler construites sous ce badge. Le marché des grosses voitures de luxe s'était évaporé à un tel point que cette solution semblait la seule voie commerciale qui lui restait encore ouverte. En 1936, la Daimler Fifteen fut introduite sur le marché. Cette 2.5 litres six cylindres s'adressait à ceux qui n'avaient pas les moyens d'entretenir une grosse voiture, mais restaient conscients de son image de prestige. 
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1935-1936 Daimler Lanchester Ten
 La Fifteen sauva la marque Daimler d'un extinction précoce, mais pour pallier à ce changement de normes, une nouvelle voiture à huit cylindres en ligne fut introduite pour le marché de luxe. Afin d'ajouter encore à son raffinement, ce modèle s'inspirait de la Lanchester Forty, avec des soupapes à champignon au lieu des chemises onéreuses.
Le sport automobile recommençait à être pris au sérieux. Un certain nombre de nouvelles Daimler furent préparées pour les rallyes. Des voitures plus petites et plus sportives avec huit cylindres en ligne furent mises au point sur des châssis de longueurs différentes.File:Daimler mfd 1937 first registered UK Jan 1999 New 15 four-light sports saloon 02.jpg
 1937 - 1940 Daimler New Fifteen
  
LES ANNEES D'APRES-GUERRE
 Dans les années quarante, Daimler présenta les premières voitures d'après-guerre : la nouvelle huit cylindres en ligne : la DE36, et deux nouvelles voitures six cylindres, la petite DB18 et la DE27. Elles restèrent pendant plusieurs années la gamme de base, malgré quelques petites touches originales ajoutées par les carrossiers pour en faire des voitures spéciales et élégantes.
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1939 – 1953 The Daimler Eighteen or Daimler DB18.
Le salon de 1951 arbora ensuite une Daimler spéciale, commanditée par son président, Sir Bernard Docker, afin de faire la publicité de la marque. En réalité, ce fut probablement plus pour faire la publicité de Lady Docker, car ce fut elle qui la conduisit le plus souvent après cette manifestation. La première Docker Daimler, baptisée de nom de Voiture d'Or, reçut une élégante finition noire, parsemée de minuscules étoiles dorées, tous les chromes étant plaqués or.
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1953-1956 Daimler Conquest saloon.                                           1955 Daimler Golden Zebra (Lady Docker).
Citons encore trois voitures mémorables : la Silver Flash en 1953, la Stardust en 1954 et la Golden Zebra en 1955. Elle devait marquer la fin de la série Docker Daimler, mais fut considérée par les autres directeurs de BSA beaucoup trop extravagante pour recevoir leur approbation. Au milieu d'accusations de dépenses superflues, Sir Bernard et Lady Docker furent expulsés de BSA et de Daimler, et firent la une de tous les journaux européens.
C'est pourtant à Sir Bernard Docker que l'on doit la Daimler Conquest. Cette voiture moderne de 2.5 litres visait carrément le marché du milieu de gamme. Elle possédait des raffinements de cachet et, comme elle le prouva dans de nombreux rallyes et sur les pistes de course, des performances tout à fait honnêtes.
Les fervents des Lanchester n'oublieront jamais l'année 1956. En effet, la Lanchester Sprite était en cours de développement depuis un certain temps, mais, pour des raisons obscures, la nouvelle direction décida d'abandonner complètement le projet Sprite, et avec lui disparut le nom de Lanchester.
BSA commençait à se lasser de soutenir la marque Daimler et lorsque Sir William Lyons de Jaguar offrit de racheter l'usine Daimler, à Radford, il récupéra non seulement une superficie utile pour agrandir sa production, mais également une filiale dont il allait savoir optimiser le potentiel ... Daimler.
 
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                                               1960 Rachat de Daimler par Jaguar. (Type E. sir Williams Lyons).                1959 - 1967 Jaguar Mark 2  ou MK2.  
  
Jaguar continua quelque temps à développer les projets Daimler originaux, perfectionnant la voiture de sport SP250 et introduisant la grosse berline V8, la Majestic Major. La première Jaguar-Daimler fit son apparition au salon automobile d'Earls Court en 1962. Cette 2.5 litres V8 était essentiellement une Jaguar Mark II dotée du petit moteur Daimler V8.
 
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Le premier modèle entièrement inédit à émerger de la fusion Jaguar-Daimler fut la limousine Daimler DS420, construite sur un cadre 420G. Ce nouveau modèle, propulsé par le légendaire 4.2 l XK, comportait une section de 500 mm de plus à l'arrière du siège avant. Les influences de Jaguar sur cette voiture restaient sous-jacentes. La carrosserie était du pur Daimler, avec une ressemblance plutôt prononcée aux Daimler conçues par Hooper par le passé. La construction de ce modèle qui s'attira de nombreux admirateurs se poursuivit de 1968 à 1992, période pendant laquelle elle confirma ses liens avec la famille royale et les chefs d'Etat du monde entier.
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     1974 Daimler DS420.                                                 1966 Daimler Majestic Major
 
En 1972 débuta la production d'un nouveau moteur Jaguar V12, ce qui permit de ranimer la flamme de la Daimler Double Six. Par ailleurs, un très séduisant dérivé, un coupé deux portes, de la berline XJ fut également produit sous la guise de Daimler entre 1974 et 1978.
En 1984, Jaguar revint au secteur privé, et deux ans plus tard, la société lançait une gamme de berlines entièrement nouvelles, la XJ40 avec un nouveau moteur six cylindres AJ. Les versions Daimler de la XJ40 furent disponibles dès annonce faite, et la production de la Daimler Double Six III continua jusqu'à la fin de 1992.
  
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                                                 1991 Jaguar XJ12 & Daimler DoubleSix      1972-daimler-sovereign
Dans le sillage de l'acquisition de Jaguar par Ford en 1989, un programme intensif de développement des produits fut mis sur pied qui se solda en octobre 1992 par le lancement d'une nouvelle gamme Majestic au salon automobile NEC. Ce nouveau modèle présentait un empattement allongé de 125 mm afin d'agrandir l'espace pour les jambes à l'arrière.
En septembre 1994, la première gamme Jaguar-Daimler annoncée depuis le rachat par Ford fut dévoilée au public. La nouvelle série XJ, couronnée par une nouvelle Daimler Double Six 6.0 l, s'était inspirée des lignes incurvées classiques des anciennes berlines de la série III. A peine neuf mois plus tard sortaient les berlines à empattement allongé X330.
La Daimler Six et la Double Six, fers de lance de la nouvelle gamme de berlines série XJ, se distinguent par la caisse à empattement allongé de série afin de conserver le cachet essentiel qui caractérise traditionnellement les Daimler.
En 1996, la Daimler Century fut lancée pour célébrer les cent années d'existences de la marque Daimler. Se distinguant par ses nombreux équipements de série, la Daimler Century était le nec plus ultra des Daimler: l'une des voitures les plus exceptionnelles jamais réalisées. Pour garantir une exclusivité et une marque de distinction durable, la Daimler Century fut uniquement disponible pendant l'année 1996, l'année du centenaire.
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1996 Daimler century.
 
Depuis plus d'un siècle, Daimler perpétue une tradition qui allie la très haute qualité de construction au savoir-faire artisanal.La Daimler n'est pas une voiture comme les autres. Aucune autre voiture britannique ne peut se targuer d'un héritage aussi long et prestigieux. Aucune autre voiture au monde n'est comme elle l'aboutissement d'une évolution constante vers l'harmonie entre technologie, raffinement et performances incomparables.
Le respect de ces valeurs est plus que jamais évident sur les deux nouvelles Daimler V8 et Daimler Super V8. Un avantage supplémentaire les distingue des modèles antérieurs : le nouveau moteur 4.0 litres Jaguar AJ-V8.
 
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 1979–1992 Daimler Vanden Plas (XJ Series III).                                                1997 Daimler Super V8 (X308).
La nouvelle boîte automatique électronique 5 rapports vient compléter les qualités exceptionnelles d'onctuosité et de souplesse du moteur. Le moteur AJ-V8, onctueux et puissant, est prêt à réagir avec aisance à la moindre sollicitation. Il délivre sa puissance sans à-coups via une boîte de vitesses automatique électronique à 5 rapports qui offre le choix entre les programmes Sport et Normal pour correspondre à votre humeur du jour et s'adapter aux conditions de circulation.
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2003-2007 Jaguar XJ8 Vanden Plas (X350).
 

Historique BENTLEY

 
SAGA BENTLEY
Walter Owen Bentley(1888-1900)
Depuis 1913, Bentley réalise des voitures d'exception. Associée au luxe, l'histoire de la marque est également liée à la compétition.
 
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                                   Walter Owen Bentley enfant                    Walter Owen Bentley adolescent             Walter Owen Bentley Jeune                      Walter Owen Bentley adulte
 
Historique Bentley
En une dizaine d’années à la tête de sa marque, Walter Owen Bentley a su créer une légende qui, sept décennies plus tard, demeure toujours vivante. 
 
 
Walter Owen Bentley naît en 1888. Très tôt, il se passionne pour tout ce qui a trait aux choses mécaniques. Notamment pour les trains, qui resteront toute sa vie un fort centre d’intérêt.A l’image de Frederick Henry Royce — ironie de l’histoire ! —, il débute dans l’industrie ferroviaire en intégrant à seize ans la compagnie Great Northern Railway — mais contrairement à Royce, Bentley est originaire d’une famille londonienne aisée.

                                                              
              Bentley EXP N°2  Photo© Bentley                                                                                        Bentley Blower 4 1/2 Litre de 1927 Photo© Bentley
  
Après avoir acquis plusieurs motos, sur lesquels il court, Walter Owen Bentley achète sa première voiture, une Riley, suivie d’une française Sizaire et Naudin. Quittant l’univers ferroviaire en 1910, W.O., comme l’appellent ses amis, dirige ensuite un garage avec son frère H.M. Bentley. Ils y importent la marque française DFP (Doriot, Flandrin et Parent), qui construit des petites voitures de sport. W.O. exerce ses talents sur ces machines en les dotant de pistons en aluminium, une première en Grande-Bretagne. Il les engage avec succès dans diverses épreuves.
En 1914, il court le Tourist Trophy dans l’île de Man au volant d’une 2 litres DFP, où il se classe sixième derrière des modèles beaucoup plus puissants. W.O. réalise rapidement l’intérêt publicitaire qu’il peut tirer de la compétition, en même temps que celle-ci constitue le meilleur des bancs d’essai.

       
    W.O. Bentley et la 3 Litre© Bentley                                       La 3 Litre au Mans© Bentley                                                 F. Clement, WO Bentley et J. Duff au Mans en 1924© Bentley 
  
Pendant la Première Guerre mondiale, Bentley travaille chez un constructeur de moteurs d’avion. Il se fait un nom en modifiant les moteurs rotatifs français Clerget, qu’il équipe de pistons en aluminium.
Construites en grand nombre, ces mécaniques, qui portent son nom, BR1 et BR2 (Bentley Rotary), s’illustrent dans le ciel contre les avions allemands.
 
 
Mais W.O. rêve de créer une voiture qui porterait son nom. Après le conflit, il crée sa propre entreprise et s’installe dans un modeste atelier de Londres, dans le quartier de Cricklewood. Bentley Motors est né, nous sommes en 1919. Bentley s’entoure de deux ingénieurs de talent, F.T. Burgess, qui vient de chez Humber, et Harry Varley, un ancien de chez Vauxhall.
Bentley Motors n’a plus que trois ans à vivre en tant que marque indépendante. Elle est mise en liquidation judiciaire en 1931. Pour la sauver, W.O. entreprend une tentative auprès de Napier, le constructeur de moteur d’avions ainsi que de voitures haut de gamme jusqu’en 1925. L’idée est de faire revenir Napier à l’automobile en réalisant une six cylindres conçue par Bentley. L’affaire est fortement engagée (les caractéristiques techniques de la voiture sont définies), quand Rolls-Royce fait une offre supérieure à celle de Napier. Le tribunal de commerce lui attribue l’entreprise. 
De plus, Rolls-Royce s’assure le concours de W.O. juridiquement lié à la firme Bentley. Interdiction lui est faite de travailler pour une autre entreprise jusqu’en 1935. L’homme est fort dépité, car il sait que, contrairement à Napier, Rolls-Royce ne lui permettra pas de faire valoir ses idées.
En novembre 1919, il présente son premier modèle au salon de Londres, à Olympia. Terminée à la hâte, la « 3 Litre » est motorisée par un quatre cylindres à arbre à cames en tête, quatre soupapes par cylindre et carter sec. Rien que ça !                                                                                                        
                                                                                                                     Showroom Bentley dans les années 20© Bentley
   
Dès qu’il le peut, W.O. quitte Bentley. Il part en 1935 chez Lagonda, où il va créer la magnifique V12, qu’il considère comme son chef-d’œuvre. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il participe à la construction d’avions. La paix revenue, il conçoit un nouveau moteur pour Lagonda. Ce six cylindres double arbre se trouvera dans la corbeille de mariage au moment du rachat de Lagonda par David Brown. Il motorisera toutes les Aston Martin jusqu’au lancement de la DB4.  

Le brillant ingénieur, auteur de quelques-unes des plus remarquables automobiles de production et de course de son époque, décédera en 1971. En une dizaine d’années à la tête de sa marque, Walter Owen Bentley avait su créer une légende qui, sept décennies plus tard, reste toujours vivante.
Bentley 8 litres

Bentley et la compétition
Les exploits réalisés au Mans et à Brooklands ont porté Bentley au firmament du sport automobile.

Passionné de sport automobile, Walter Owen Bentley réalise aussi tout l’avantage qu’il peut tirer de la compétition pour promouvoir ses voitures. Il sait également que la course constitue le meilleur des bancs d’essai. La marque va se construire une exceptionnelle réputation grâce à ses victoires retentissantes, en particulier à Brooklands et aux 24 Heures du Mans.
 
 
                                                             
                          Photo © Bentley                                                                                                        Photo © Bentley
En 1921, W.O. Bentley vient de juste de démarrer la construction de ses voitures dans ses nouveaux ateliers de Cricklewood. Sur le circuit de Brooklands, l’un des plus célèbres de Grande-Bretagne, il engage son second prototype, l’EXP2, dans le "Whitsun Junior Sprint". Ce dernier l’emporte, inaugurant une longue série de victoires. L’année suivante, John Duff pilote une 3 litres pendant 24 heures et bat 39 records à la moyenne de 140 km/h.
En 1930, deux Speed Six prennent les deux premières places dans la "Brooklands Double Twelve", une course de 24 heures disputée en deux manches de 12 heures. Et en 1932, Tim Birkin porte le record du grand circuit à 222 km/h dans sa célèbre "Blower" suralimentée.
 
     
                                          Barnato à Brooklands en 1930© Bentley                                             Tim Birkin et Barnato à Brooklands en 1930© Bentley
Aux 24 Heures du Mans, Bentley triomphera à cinq reprises, une première fois en 1924 avec la 3 litres, puis quatre fois successivement en 1927 (3 litres), 1928 (4,5 litres), 1929 et 1930 (Speed Six). 
Les trois derniers succès sont à mettre au crédit de Woolf Barnato. Sur le circuit de la Sarthe, les Speed Six atteignent plus de 160 km/h dans la ligne droite des Hunaudières, malgré leur gabarit et leur poids.
 
       
    Le Mans, 1929© Bentley                                                                         Photo © Bentley
L’aventure mancelle commence en 1923, quand John Duff, sur une 3 litres non officielle, participe à la première édition de l’épreuve. La Bentley, qui est la seule machine étrangère en piste, réalise la quatrième meilleure performance. L’année suivante, Duff s’adjuge la première des cinq victoires Bentley. 1925 voit le premier engagement officiel d’une 3 litres, à laquelle s’ajoute celle de John Duff. Mais les deux voitures ne termineront pas, tout comme les quatre voitures alignées en 1926. 
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La Bentley 4½ Litre "Old Mother Gun".
  
Bentley engage trois machines en 1927, deux trois litres et la nouvelle 4½ Litre connue sous le sobriquet de "Old Mother Gun". Elles sortiront toutes de la route, mais la 3 litres "Old Number Seven" pilotée par Dudley Benjafield, hâtivement réparée, gagnera avec plus de 300 kilomètres d’avance sur une petite Salmson. "Old Mother Gun" s’impose l’année suivante, avant le triomphe de 1929, point culminant de l’aventure sportive de la marque, qui réussit à placer quatre de ses cinq voitures aux quatre premières places ! En 1930, deux Speed Six terminent aux première et deuxième places devant deux Talbot de 2,3 litres. 

                                                        
                   © Bentley
   
L’épopée Bentley n’aurait sans doute pas été ce qu’elle fut sans le concours d’une bande de jeunes passionnés, les "Bentley Boys". Dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale, ces riches playboys issus de la bonne société étanchent leur soif d’aventure et leur besoin d’adrénaline dans le sport automobile.  1920-bentleys-boys.jpg
les "Bentley Boys".
 
Intrépides et souvent téméraires, ces fous de vitesse s’accordent parfaitement au caractère impétueux des grosses et vertes Bentley de Cricklewood. Woolf "Babe" Barnato et Henry "Tim" Birkin sont les plus célèbres d’entre eux. 

                                                          
                        Tim Birkin au Mans en 1930© Bentley                                                                                 Photo © Bentley
Barnato a largement contribué à la légende Bentley écrite aux 24 Heures du Mans. Sur trois engagements successifs, il a remporté l’épreuve à chaque fois. Un exploit resté inédit. W.O. Bentley le considérait comme le meilleur pilote qu’il eut jamais rencontré. Un autre exploit l’a rendu célèbre, quand, en 1930, il rallia Cannes à Londres plus vite que le Train Bleu au volant d’une Speed Six. 
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1922 Bentley spécial speed six.
  
Recherchant toujours plus de puissance et de vitesse, Henry "Tim" Birkin eut l’idée de monter des compresseurs Amherst Villiers sur les moteurs de 4,5 litres. Une initiative vivement désapprouvée par W.O. Bentley, qui la condamnait comme contraire à tous ses principes. Birkin persuada néanmoins Barnato de courir les 24 Heures du Mans avec la "Blower". Comme prédit par W.O., la voiture fut victime de sa fragilité et aucune "Blower" ne s’imposa jamais au Mans. Birkin réussit tout de même à prendre la deuxième place au Grand Prix de France 1930. 

        
       Photo © Bentley                                                                   Photo © Bentley                                                                   Photo © Bentley
 
                                                                                                                                                  
                                                                                   Tim Birkin© Bentley
La première Bentley apparaît au salon de Londres de 1919. Motorisée par un quatre cylindres à la technologie de pointe, arbre à cames en tête, seize soupapes et double allumage, la « 3 Litre » développe 80 ch. Elle jette les bases de ce que seront les Bentley jusqu’en 1931. En raison de la pénurie de matériaux due au boom mondial de la construction automobile, elle ne sera produite qu’à partir de 1921 — en deux versions, Standard et Speed. Rapide, endurante et bien construite, elle s’avérera, en course, une rivale dangereuse des voitures venues du continent et elle collectionnera les succès.
Après des débuts modestes, Bentley va rapidement monter en puissance pendant les années 20. Fabriquées avec rigueur et avec les meilleurs matériaux, les voitures de la marque s’avèrent très chères. Elles séduisent les gentlemen drivers fortunés, mais aussi une clientèle de non sportifs pour lesquels elles existent en torpédos Vanden Plas, limousines et coupés.
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                   1920 Usine Bentley de Cricklewood ©Bentley                                                                1920 Usine Bentley de Cricklewood ©Bentley   
                   
En 1926, apparaît la première six cylindres (24 soupapes), la « 6 ½ Litre », dont la version sportive (150 ch), la Speed Six, se couvrira de gloire sur les circuits. Au fil des années, Bentley propose des voitures de plus en plus puissantes. En 1927 la « 4 ½ Litre », archétype de la voiture performante et robuste, remplace la 3 litres vieillissante. Extrapolé du six cylindres de la « 6 ½ Litre », son quatre cylindres seize soupapes et double allumage (105 ch) lui vaudra une brillante carrière sportive. L’année suivante, elle est épaulée par une version à compresseur, dite « Blower », rapide mais plus fragile. 
  
  La Bentley Blower © Bentley
  
La marque se construit une exceptionnelle réputation grâce à ses victoires retentissantes en compétition, notamment à Brooklands et aux 24 Heures du Mans. Dans la Sarthe,